ultras eagles

Il est parfois important de se détacher du temps et de l’espace pour comprendre certaines choses ou au moins essayer de mieux les percevoir. Il faut savoir quitter son « subjectif » de membre Ultra pour se remettre en question, analyser objectivement et revoir le sens de marche de ce train. Ici la conclusion est le constat de départ : l’avancée du groupe dépend de la capacité de réflexion de ses membres.

Chaque adhérent détient, peut-être sans le savoir, un pouvoir énorme. Celui d’écrire l’histoire ou ne serait-ce qu’une ligne, qu’un mot ou même qu’une lettre. Et pourtant beaucoup hésitent, doutent, craignent. Le refus ? La critique ? La moquerie ? Le regard hostile des autres est un énorme mur, non à surmonter mais à démolir. Le plus étonnant est que ce mur n’est qu’illusion. Car il n’y a pas de regard hostile mais uniquement un débat intellectuel avec ses pairs ou une critique constructive. Au lieu de s’autocensurer à la suite d’un premier échec de proposition, le membre doit acquérir cette détermination propre au membre Ultras, celle du dépassement de soi : « Je propose, je dois proposer mieux ! » Et cette proposition n’est pas forcément conclue sur un message ou un tifo. Une proposition peut concerner l’organisation de la cellule/section, d’un déplacement, d’un matos etc …


Vous l’aurez compris, le membre a un champ de réflexion illimité. Il se doit donc d’être à la hauteur de ce qu’attend son groupe de lui. Il porte en lui un potentiel énorme à exploiter. Il est une graine à cultiver et à faire éclore au grand jour. Et les ressources ne manquent pas car l’histoire et surtout « l’historique » d’un groupe fort d’années de présence sur le terrain doivent servir à cela, à se rappeler qui on est et d’où on vient. Il doit rappeler nos réussites mais aussi nos erreurs et donc guider notre analyse et nos plans futurs. Nos fiertés comme nos déceptions, l’aigle doit savoir les observer et en apprendre. L’aigle n’a pas le droit d’être borné, figé dans des idées préconçues ou indiscutables. Il doit apprendre la base du tout : le développement de soi.

Ce chantier peut commencer à n’importe quel âge de la vie et n’est pas le monopole des bancs des écoles et des universités. Il est le combat continu que mène un être lorsqu’il admet sa perfectibilité. Car aucun de nous ne détient les clés du savoir, du savoir-être et du savoir-faire. Mais, chacun de nous se doit de son vivant d’emprunter ce chemin et d’y parcourir ne serait-ce que 100m à sa propre vitesse parce qu’il ne s’agit pas d’un concours avec les autres mais plutôt un défi avec soi, une introspection perpétuelle combattant la stagnation intellectuelle et spirituelle. Le membre d’aujourd’hui se doit donc de s’améliorer. Mais avant tout, d’observer et d’essayer de comprendre !ubuntu

L’erreur commise aux aurores du mouvement Ultras au Maroc a été de s’approprier le mouvement existant ailleurs sans pour autant bien l’apprivoiser. On a cherché à porter du Stone Island à tout va. On a commencé à commercialiser du Fred Perry et des trois bandes comme on vend le pain entre 11h et midi. Mais combien de ces « consommateurs » savent l’origine de ces marques, de ce qui les a liés à la culture du stade et du supporter. La réflexion autour de la culture des stades aurait permis au mouvement Ultras au Maroc de se forger une identité. Car durant longtemps il a baigné dans « l’imbécilité » : vrais et faux Ultras, hooligans, casual, associatifs et on en passe ont tous cohabités avant qu’un peu de réflexion ne vienne légèrement éclairer le chemin. Comme un phare dans le brouillard dira-t-on. Cet exemple n’est qu’une illustration de ce que les choses deviennent avec un peu de réflexion.

L’incapacité cérébrale des membres a produit des microcosmes d’une dictature chez certains groupes. Les « noyaux » ont pris le monopole de la décision et ont fait le choix de vendre aux membres de la toque. Et ces derniers, bernés par cette beauté brillante restent fascinés, subjugués. Et pourtant avec un peu de sens critique ils auraient pu challenger et contribuer à améliorer le rendu final. Mais il ne s’agit pas uniquement de créer une force d’opposition au sein d’un groupe. Il s’agit aussi de mieux comprendre les décisions prises. Un membre qui remet en question la décision d’un responsable aura devant lui la raison finale de l’ordre. Quand il dit « Évitez les bagarres », « Restez groupés » ou toute autre directive, il faut que le membre ait la présence d’esprit de se dire que le responsable souhaite lui évitez des problèmes. Il ne faut pas qu’il soit un mouton dans un troupeau mais un aigle parmi les siens. La passivité, le je m’en foutisme et la paresse ne sont pas des attitudes d’Ultra. Elles sont à bannir au profit de la proactivité et du développement personnel.

Le membre a donc, comme dis précédemment, plusieurs outils et moyens pour s’améliorer. Il ne s’agit pas là de lire des bouquins qu’il ne comprendra peut-être pas ou de passer ses heures à lire des articles Wikipédia sans y prendre plaisir. Mais plutôt de faire ce qu’il sait faire d’une façon meilleure. L’exemple est pourtant des plus répétés dans notre société et on lui donne un très beau nom : 7rayfi. Le 7rayfi est la parfaite combinaison entre « apprenti » et « maître » car être un 7rayfi de son domaine suppose intrinsèquement qu’il cherche toujours à faire mieux que ce qu’il excelle à faire.

La conclusion et le message ultime de ce texte est qu’il faut être des 7rayfi ! Car vous avez tous une pierre à mettre dans l’édifice. Et vous en serez fiers et heureux ! Et parce que le nid vit de toutes ses composantes. Le groupe vit de la maturité de ses anciens, du recul des plus sages, de la fougue de ses plus jeunes et du vent de fraîcheur soufflé par ses nouveaux adhérents. Tous doivent garder en tête qu’il faut s’améliorer et se perfectionner pour être utile à son groupe mais surtout à soi !